Nous y voilà. Je dois dire que je n’ai pas l’habitude d’aller en soirée à thème sur Paris : c’est souvent longuet, pas toujours évident de rentrer chez soi surtout quand les derniers trains partent vers minuit, et puis il faut y mettre le prix et prévoir l’organisation. Et cette fois-ci j’ai bien failli laisser ma place.
Nous avions prévu de partir à plusieurs, sur un coup de tête, à la soirée donnée en l’honneur du 30ème anniversaire de Star Wars, l’Empire Contre-Attaque. La prestation devait avoir lieu au Grand Rex à Paris, une bien bonne salle réputée pour son écran géant et ses sièges très confortables en cuir. Cependant, la dernière fois que j’y suis passé, c’était pour l’horrible Rush Hour 3, nous étions à peine 5 dont un couple très occupé à se faire des kokineries… la fenêtre de projection était réduite et le son provenant de derrière l’écran digne d’un bon screener qui m’a définitivement dégoûté. Poussé par mes amis, je n’ai pas pu refuser tant la sortie s’annonçait riche en émerveillement.
Cependant le matin de la projection, je me lève avec un sacré vertige qui s’est estompé en une dizaine de minutes, laissant place à un de ses mal de crâne que je connais bien… Migraineux, je sais me défendre contre la douleur, et c’est après une bien triste matinée à tortiller dans mon lit que j’ai pu prendre mes médocs au dosage millimétré, au moment propice, pour profiter de mon après midi. S’il y a bien une chose que j’ai appris, c’est de savoir être patient, même lors qu’un semi de 15 tonnes te fracasse les tempes ! Une partie du groupe passe me prendre, direction le studio parisien de Marc pour une pyjama party.
Plus exactement, on est passé chez lui pour l’aider à enfiler son costume de Jedi. Et comme monsieur a pris un peu d’embonpoint (et je suis mal placé pour faire un commentaire grassouillet) pas évident de rentrer dans les basques de son héros fétiche, le costume ayant été fait à la main et sur mesure il y a plusieurs années de cela. N’étant pas bercé dans l’art du cosplay, il nous a expliqué comment il était arrivé à ce niveau de détail dans le but de se faire accepter par une confrérie ultra sélecte qui certifie les tenues des hardcore fans. Malheureusement, ça n’a pas marché et depuis il n’avait pas eu l’occasion de le ressortir pour peaufiner les détails, bien qu’il faille avouer que tout est décidé avec la plus grande rigueur, de la couleur aux matériaux, en passant par le port de tel façon de tel ceinture etc… impressionnant !
Les accessoires ont donc toute leur importance. Cela va d’un sabre laser custom à 300€, lumineux, robuste, et sonore, à ce prix là tu m’étonne, mais aux finitions nickel chrome. Pendant ce temps là, lorsque l’un d’entre nous l’aidait à mettre des épingles à nourrice pour maintenir le tout, les autres jouaient à mimer l’empereur sous sa bure noire, ou à imiter les combats des plus grands guerriers de cette galaxie fort fort lointaine. On se payera quelques cours de kendo ou de iaijutsu, pour affiner notre style, mais le rendu du costume est tout bonnement bluffant ! D’ailleurs, Il n’est pas passé inaperçu : dans la rue et le métro les gens, que dis-je, les incultes, nous croisaient hilares, une femme poussant le vice jusqu’à venir nous demander si notre camarade avait perdu un pari ! Hahaha entre nous il aurait peut-être fallut. Du moins je n’aurai pas eu les corones de le faire, et pour ceci, tu as toute mon estime mon ami.
Arrivé sur place, nous avons rejoins d’autres amis dans la queue. Le cosplay faisait déjà plus couleur locale, et le dialogues entres fans a été d’une simplicité déconcertante. L’attente se faisait un peu longue, voilà bientôt 2h que nous sommes dans la queue, et du mauvais côté en plus parce que la tapis rouge et les professionnels du déguisement défilent devant l’autre entrée, ce qui déchaine les photographes et télévisions “locales” : BFM, NRJ12, CANAL+… On s’énerve un peu, on trépigne. Ah un Wookie vieillissant débarque avec un Han Solo, le faucon doit être stationné à République. Pour nous faire patienter, on fait parader 2min montre en main Dark Vador et la 501ème, le temps de prendre une photo de dos. Bref on est sur les crocs là !

Les portes s’ouvrent, le flux se tasse, on accède à la salle au compte goutte. On se retrouve parqué de force à l’étage en mezzanine, alors que nous avions payé nos places catégorie 1 pour l’orchestre. Impossible de se faire entendre, l’ouvreuse ira même jusqu’à nous placer dans le fond complètement décentré. “Vous comprennez des entreprises ont réservé des places en bas et aussi là au milieu” Super ! On a bougé discrètement, prenant notre mal en patience. Une voisine avec un cosplay de Leia Slave osé, dévoilant habilement de ses formes généreuses, s’agite un peu, et obtient gain de cause. Elle peut descendre, nous laissant le souvenir furtif qu’une belle geekette ça existe finalement. Mince ! on aurait du la suivre ! Si ce n’est pas pour les places, alors pour son c** ! Enfin je veux dire pour son costume !

Soudain le cérémonial : salle comble, l’obscurité tombe enfin, les cris se lèvent. Les droïdes passent sur scène, suivit par les organisateurs nous présentant la soirée. D’ailleurs arrivée assez amusante puisque l’un d’eux dégaine un “Live Long and Prosper” rapidement hué par les fans de Star Wars en Furie. Je pouvais enfin me dévoilé : j’ai réussi à infiltrer leurs rangs, moi le Trekkie ! J’ai eu le temps de dégainer mon APN et hop je filme, dans une salle de ciné. Jvous jure ! Chuis qu’un sale pirate ! Et tout content de moi j’ai réussi à avoir toute l’intervention jusqu’au début du film, soit 50min de vidéo dont la première partie est postés ci-dessous, le reste sur mon Youtube. La force chance est avec nous, Mark HAMILL (Luke Skywalker) a pu neutraliser le volcan islandais E*jokul (j’utilise un joker *) il est venu alors que sa présence était incertaine 2 jours plus tôt. Quel triomphe ! Mais le coquin nous dit qu’il n’en a pas l’habitude. Alors on en remet une couche. Petite interview, exactement les mêmes réponses que dans la presse du jour, un peu plus de jokes quand même.

Au final, remise du Legendary Jules Verne Award pour sa contribution à l’imaginaire, applaudit comme il se doit. Je ne m’étends pas trop dessus, tout est en vidéo, et même si l’espace de quelques minutes, une légende vivante était devant moi, je n’ai pas senti la proximité que j’espérais. Sa journée à surement été longue, il a fait de gros efforts pour tenir jusqu’au bout. Je l’ai senti sincère et heureux d’être là, mais sans plus. Il est maintenant 22h, le film commence et les galères aussi : le rembourrage du fauteuil ne couvre pas la douleur provoquée par le faible espace pour les jambes. Passé le 1m20, toute personne normalement constituée commence à avoir mal, et le supplice va se prolonger pendant 2h, et que la bonne humeur collective ponctuée par des cris de joies aux moments clés du spectacle ne fera pas passer.

Visiblement je n’étais pas le seul, tout le monde s’est empressé de sortir. Vu l’heure il ne restait que 2 trains pour rentrer chez nous. Et c’est qu’une fois à l’intérieur de l’avant dernier que notre jedi local découvre qu’il a oublié ses clés dans une de nos poches. Faut le comprendre c’est du fait maison, il n’a pas pensé à en faire une, de poche… je n’imagine pas Leia Slave, pour le peu de tissu qu’elle avait sur elle, elle ne devait pas en avoir non plus. Nous voila obligé de terminer la soirée, sur une encore moins bonne note, à prendre le train de 00h50, sans rien dans le ventre ou presque depuis bientôt 36h. Alors oui, j’en garderai un souvenir, mais pas celui que j’attendais, hormis celui d’un jedi se baladant Gare du Nord, sabre laser en main en pleine nuit. Mais ils sont fous ses parisiens !

Filmé en mezzanine, avec un appareil photo numérique Samsung WB550.
Intervention complète, mais avec quelques défaut : nos voix, tremblements car pas de support, coupures techniques (raté une vanne sur Star Trek à l’arrivé des présentateurs & changement de batterie lors de la video d’Harisson Ford), son un peu faible, bruit du zoom, perte de qualité lors de l’encodage, coupre video sur la défense des annimaux…
Enjoy !
