
Préparatifs
Annoncé par mon précédent article, le concert de Kamelot n’était qu’un prétexte pour retourner voir mon groupe fétiche sur scène, Leaves’ Eyes, après un festival détonnant en novembre dernier. Suite à de nombreux changement d’emploi du temps, le doute qu’à ma présence s’est fait ressentir, mais après négociations musclées, nous avons pu nous libérer suffisamment tôt pour profiter du spectacle dans de bonnes conditions et ainsi éviter l’immense retard de la dernière fois. Arrivée à 16h30, déjà peut-être 300 personnes a attendre dans les environs de l’Elysée Montmartre (photo prise sur le vif à l’appuis) direction McDo pour se remplir la panse, pas évident de trouver autre chose qu’un Grec ouvert à cette heure-ci, car s’attaquer à un concert de cette trempe le ventre vide je peux te dire par expérience qu’on n’en ressort pas indemne. Après s’être réuni, c’est fébrile que nous sommes rentré dans ce monument historique de plus de 2 siècles. Le cadre est très intéressant : une grande salle de bal, haut de plafond avec des moulures intactes côtoyant des poutres métalliques, parfait pour le cadre rock qui nous attendait ce soir.

Adagio
18h30, levé de rideau. A peine eu le temps de rejoindre 2 potes de fac que je n’avais pas revu depuis pile un an lors du concert de Metallica à Bercy, que les lumières scintillent, le son crépite : Adagio monte sur scène. Le son est propre, les strombo crashent à déclencher une crise d’épilepsie massive. J’avais essayé quelques titres pour me préparer à l’événement, mais rien n’avait retenu mon attention, repoussant à la rencontre avec les artistes pour me faire un avis live. En un mot : impassible. Je ne m’attendais pas à ce genre de fumisterie (c’est bon, je vais encore me faire des amis…) mais à part le talent de Kevin CODFERT au clavier, le seul à en avoir d’ailleurs, l’impression d’avoir le premier groupe metal prog au son pop 80’s caché par le grosse voix du chanteur suédois Mats LEVEN. Incompréhension quand le bassiste balance 3 pauvres notes dans un solo, silence régnant, acclamé par le public.
Bref je suis complètement passé à coté, et à en discuté en sortant de la salle, je n’étais pas le seul, ce qui me rassure. (Avis au fans : pas la peine de commenter pour m’insulter. Même si je ne censurerai pas, sauf cas extrême, ces lignes présente un avis de non initié. Je n’ai pas eu le déclic et rien ne changera ma première impression.) D’autant plus que Mats a repéré un petit groupe de fans extrêmement bruyants contents d’être présents de l’autre coté de la scène, leur accordant toute son attention pendant la durée du show. Pas vraiment fairplay comme attention.

Leaves’ Eyes
19h20 l’excitation monte. La corne de brume retentit, le nuage de fumée tombe sur la foule et la belle Liv Kristin monte sur scène. J’entre vite dans l’ambiance, Alexender KRULL nous tient à pression constante, pas le temps se reposer ! Mais malheureusement, le groupe n’est pas à son meilleur niveau : Roland NAVRATIL le nouveau batteur semble être un cran en dessous de Seven ANTONOPOULOS, sa prestation ne restera pas dans les mémoires, ni celle du remplaçant de Mathias RÖDERER, Sander Van Der MEER, qui semble avoir raccroché sa guitare pour un long moment (pour raison familiale. Reviendra-t-il un jour ?!) Thorsten BAUER lui est toujours à sa place accompagné de la nouvelle bassiste Alla FEDYNITCH qui avait cruellement manquait lors de la représentation en novembre dernier.
Pour le reste, le groupe reste fidèle à lui même, Liv Kristin avait la voix un peu enrouée, pas assez chauffée et n’a pas brillé de son éclat lors des premiers titres comme Njord ou My Destiny, jusqu’à l’évènement miraculeux de Elegy. Le fantastique Take the Devil in Me, point d’orgue de leur précédente tournée, avait un petit arrière goût de brouillon. En somme le set n’était pas si mauvais, juste en deçà des mes attentes et de mon souvenir, un peu déçu. Petit clin d’œil au joyeux luron juste à côté de moi qui a vraiment donner de sa personne pour chauffer toujours plus cette partie un peu inanimée la salle, et que j’ai suivi à grands cris. Le groupe habitué à de courtes prestation s’est même permit un petit rappel, merci pour cette attention.

Setlist
(un doute sur le Froya’s Theme)
Intro
Njord
My Destiny
Emerald Island
Take The Devil In Me
Ragnarok
Elegy
Froya’s Theme

20h30 le temps commence à se faire long. Les tests sono et instru commencent à impatienter la foule qui trépigne et se fatigue. L’effet première partie s’estompe peu à peu. Personnellement pour avoir trop donné sur Leaves’ Eyes, j’aurais pu me cacher dans un coin voir partir sans regret (hormis la baisse de régime) On s’est reculé, placé au milieu de la salle pour profiter d’une bouffée d’air frais au niveau des portes et surtout d’un peu de place pour respirer.
Un voile blanc laisse transparaitre les ombres des musiciens qui se place, l’obscurité tombe en même temps que le rideau et voila la salle qui se met à trembler ! Khan se cachait dans sa grande robe qui lui va comme un gant, descend sur scène et entonne sa première chanson : Ghost Opera. Puis s’enchaineront à un rythme endiablé les autres titres de la setlist (voir plus bas). Première surprise, alors que je pensais les chœurs préenregistrés pour ce genre d’événement, une jeune femme qui se dandine à l’arrière de la scène assure cette fonction donnant toujours plus de cachet à cette mise en scène soignée.
Pour le première fois, j’ai le sentiment d’assister à un véritable spectacle, non pas que les artistes jouent une chorégraphie sur scène, mise à part cette choriste/danseuse qui intervient par alternance, mais plutôt par la gestuelle millimétrée de Khan maitrisant parfaitement son personnage jusqu’au bout des ongles. Le paroxysme est atteint lorsque que retentit March of Mephisto : criant en rythme, le poing levé, sur cette marche militaire, devant cette homme en soutane de prêtre catholique qui dresse lentement ces bras avec un petit sourire démoniaque, spots rouges louvoyant sur scène. J’ai eu un doute, je me suis demandé si nous n’étions pas entrée dans une secte satanique l’espace d’un instant ; mais préférant savourer l’instant présent nous avons entonné l’hymne jusqu’au bout.
Un moment d’immersion étrange mais tellement unique, je comprends pourquoi Kamelot est très apprécié, tant pour la qualité de sa musique que pour ses performances en live. A ce titre, je tenais à saluer l’excellente qualité technique et acoustique de la salle, des musiciens Thomas YOUNGBLOOD à la guitare, Sean TIBBETTS à la basse, l’excellent Casey GRILLO à la batterie et Olivier PALOTAI au clavier (ayant chacun offert un solo d’exception) ainsi que des techniciens qui œuvrent dans l’ombre. Un véritable plaisir sans se ruiner les oreilles comme dans beaucoup d’autres salles.
L’ambiance de feu qui régnait a été décuplé par l’excellente surprise qui nous a été réservée : Simone SIMONS d’Epica a fait le déplacement pour le show parisien pour son duo originellement formé pour The Hauting. Un pur moment d’anthologie ! Nous y avons mis tout notre cœur, le groupe nous l’a bien rendu grâce à plusieurs rappels et un long jeu avec le public sur Center of the Universe, ainsi que des inédits du prochain album prévu pour Juin dixit Khan. Personne ne voulait quitter la salle, et on s’est vraiment senti considéré par le groupe contrairement à beaucoup qui on tendance à s’éclipser, laissant les fans sur leur faim. Après plus d’une heure et demi le groupe tire finalement sa révérence après moult remerciements. Ils iront jusqu’à nous honorer de remerciements sur leur compte Facebook, une attention qui n’est pas passé inaperçu.

Setlist
Ghost Opera
EdenEcho
The Great Pandemonium
Lost and Damned
Center of the Universe
Anthem
Instrumental jam
The Pendulous Fall
When the Lights are Down
Keyboard Solo
The Haunting (with Simone SIMONS)
Hunter’s Season
Rule the World (with Intro)
Drum Solo
Forever
The Black Halo (with intro)
Season’s End
Karma
March of Mephisto

PS: Les photos (de Kamelot exclusivement) sont issues du site de la tournée du groupe, sauf la première et dernière qui sont de mon fait (téléphone portable le jour même). On peut en trouver d’autre sur le site des Chroniques d’Onyx Metal et le Flicker de Hellbereth ou encore le Facebook de Bérengère.
Kamelot & Simone SIMONS – The Haunting @ L’Elysée Monmartre – Paris 31.03.2010